Le grand prix de St-Raymond comportait 3 étapes. Le samedi une course sur route de 71 km et un contre-la-montre de 8,5 km et le dimanche une course sur route de 86 km.
J'ai participé aux épreuves du samedi seulement. Le parcours de la course sur route était autour du lac Sept-îles, une boucle de 11 km. J'aime l'ambiance entourant les courses. Les gens sont de bonne humeur, un peu nerveux mais il y a un bel esprit qui entoure les événements cyclistes.
Le départ est donné en face du centre de ski de St-Raymond et nous roulons jusqu'au lac Sept-îles où nous faisons quelques boucles autour du lac. Le départ est en côtes...grrr...les côtes ne sont pas ma force en vélo. Le peloton roule beaucoup moins vite qu'à Ste-Martine, où avait lieu la première course de la saison (et où il y avait eu 2 chutes).
Je suis en queue de peloton jusqu'au lac, je me dis que je suis mal positionnée, dans un peloton, il faut être en avant sinon on se fait larguée. Je réussis à tenir le coup, je roule je roule en me disant que ça roule vite...ouf, j'ai les pulsations à 165..., je continue à rouler.
On arrive au lac, une, deux, trois bosses, on passe devant la ligne arrivée/départ, une des filles lève la main, signe qu'elle a une crevaison, et là il y a une bonne bosse et je sens que je perds de la vitesse, je vois le peloton partir devant moi, j'ai pas assez de force pour relancer rapidement, je vois les filles s'éloigner, je me dis «haa merde, je me fais larguée et on vient seulement de commencer».
Je tiens bon, je les vois au loin, je me dis qu'il y aura sûrement des filles qui ne tiendront pas le coup et nous pourrons former un autre peloton. J'essaie de garder une bonne vitesse même si je suis seule. C'est pas facile de rouler seule. Je suis venue faire une course pas pour rouler seule mais pour rester dans le peloton.
La fille de la crevaison revient, nous roulons un peu ensemble. Elle roule croche. Pas possible. On prends quelques relais et on revient devant la ligne arrivée/depart. Elle demande: les filles sont-elles loin devant? Quelqu'un répond, à 3 minutes. Nous sommes 3 minutes derrière le peloton. Impossible à rattraper. Je me dis «je finis cette putain de course», je ne suis pas venue jusqu'ici (2h40 de route de Mtl) pour ne pas finir la course. Je me retourne, la fille n'est plus là. Elle a sûrement décidée d'arrêter.
Alors je sais que je suis seule encore pour 60 km dans les vallons. Je me fais «lapper» par les jeunes hommes junior plein de testostérone qui passent rapidement devant moi et qui me frôlent et qui me laisse échapper quelques jurons...
Ça fait mal, j'ai les cuisses en feu. Je me demande quessé que je fais là. Le moral est en miette. Je me rappelle le Loup qui disais à tous ses amis: si tu es largué, tu FINIS ta course. Je me demande à quoi ça sert de finir mais je persévère. Je me fais «lapper» par les filles, elles ont un tour complet d'avance sur moi. J'essaie de m'accrocher, outch, les jambes me chauffent, nous sommes encore dans une bosse, je les regarde partir.
Au dernier tour, certaines d'entre-elles me voit arriver et m'encouragent, elle ont terminées mais il me reste encore un tour. Ça vaut la peine ou pas de continuer? Je vais FINIR. Il ne me reste qu'un tour, 11 km, c'est pas la temps de lâcher. Et je termine. J'ai persévéré et je suis contente d'avoir terminée. Je rentre doucement vers le site de la voiture, je prends enfin le temps de regarder le paysage. Wow. Superbe région.
Je relaxe, rencontre quelques hommes maîtres qui arrivent sur le site, leur course est à 13h30. Je me repose. Le CLM est à 18h00.
À suivre.
Petit lexique: Se faire «lapper» signifie que le peloton est revenu nous rechercher et qu'il ont un tour (lap) d'avance.
CLM: Contre-la-montre.
18 mai 2008
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4 commentaires:
Bravo de l'avoir terminer. Au moins, tu n'as pas un DNF à côté de ton nom! Ça démontre une force de caractère.
félicitations! tu l'as fini et tu es allée jusqu'au bout. Mais on s'en dis-tu des affaires dans not' tête dans ce genre de course là. Hey, bravo encore! Sylvie a raison, ça démontre une très belle force de caractère, le MENTAL TOUGHNESS !
Isabelle,
C'est bien ce que tu as fais. Terminer ta course, aller au bout, jusqu'à l'arrivée. Tu as accompli quelque chose.
Je te le disait à toi aussi Soleil.
Bientôt tu feras plus que ça si tu t'accroches.
Loup xx
@ Sylvie: Merci pour tes encouragements.
@ Binnie: Ouf, j'ai omis d'écrire quelques prhases que je me suis dis dans ma tête durant la course!! Ça aiguise le caractère quand même. hihihi
@ Michel: Merci! Le prochain obj. Tenir le «pack»!
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